Adénome de la prostate

L'hypertrophie commence à apparaître microscopiquement vers 30 ans. Elle est présente chez plus de la moitié des hommes de 50 ans, et chez la quasi-totalité des hommes de plus de 80 ans. Malgré tout, sa traduction clinique est extrêmement variable.

En 1992 Sagnier et Coll (1) ont démontré qu'entre 50 et 80 ans, environ 1 140 000 Français avaient des symptômes urinaires modérés à sévères susceptibles d'être dus à un adénome prostatique. Plus de 50 % des hommes de plus de 50 ans sont atteints de troubles mictionnels plus ou moins importants dont la moitié environ d'entre eux nécessitent une thérapeutique.

Il n'y a pas de parallélisme anatomoclinique, pas de corrélation, entre l'importance d'un adénome prostatique et celle des troubles mictionnels de l'homme après 50 ans. Certains gros adénomes prostatiques sont parfaitement tolérés, certains petits adénomes prostatiques le sont très mal. Ainsi la part exacte de l'hypertrophie bénigne de la prostate dans le déterminisme des troubles mictionnels de l'homme de plus de 50 ans est-elle difficile à faire. Cette notion rend malaisée l'évaluation de certaines attitudes médicales, diagnostiques ou thérapeutiques.

L'histoire naturelle de l'hypertrophie bénigne de la prostate et le vécu des troubles mictionnels sont différents d'un individu à l'autre Le degré d'inconfort qu'ils entraînent est subjectif, fluctuant dans le temps et la demande médicale qui leur correspond est très variable. Il y a tous les intermédiaires entre la résignation à un inéluctable inconfort mictiomnel et la revendication au droit à "bien pisser".
Tout accent mis sur l'inconfort mictionnel de l'homme de plus de 50 ans par des campagnes médicales, par la presse, voire... par l'intermédiaire de références médicales, conduit l'homme de plus de 50 ans à une inquiétude qui risque d'aboutir à une surconsommation médicale.

La cause exacte de l 'hypertrophie bénigne de la prostate et le mécanise intime de sa croissance restent inconnus: il n' y a donc aucun moyen de la prévenir. Il n'existe pas actuellement de moyen objectif simple pour quantifier précisément l'obstacle à l'évacuation vésicale.La débimétrie est celui qui s'en approche le plus.

C'est une quantification approchée, mais objective et le plus souvent suffisante.Cependant le débit mictionnel, mesuré simplement par débimétrie, peut rester normal malgré un obstacle important, si la pression vésicale au cours de la miction augmente de façon conséquente (10 à 15 % des cas). Pour affirmer de façon certaine, l'obstacle, il serait donc nécessaire de mesurer le travail vésical, et de connaître outre le débit mictionnel, la pression intra-vésicale mictionnelle. Pour cela, il faut placer au préalable un capteur de pressions à l'intérieur de la vessie. Il paraît difficile de proposer cette exploration à tous les hommes avant de prescrire une thérapeutique des troubles mictionnels après 50 ans.

Les âges de survenue du cancer prostatique et de l'hypertrophie bénigne de la prostate sont identiques. Le souci de détection précoce du cancer prostatique conduit à la découverte de nombreuses hypertrophies bénignes de la prostate n'ayant aucun retentissement clinique.